Jusqu’où la liberté d’entreprendre peut-elle aller ?

En 1999, l’établissement de restauration rapide Mac Donald à Millau avait été démonté par des militants écologistes, parmi lesquels se trouvait José Bové. Ils reprochaient à cet établissement de distribuer de la « malbouffe », préparée avec des produits industriels, d’origines diverses, qui empêchaient l’écoulement des produits locaux de meilleure qualité.
Les péripéties judiciaires qui ont suivi pendant plusieurs années, mais aussi l’ampleur des manifestations paysannes ont pu faire croire que l’Aveyron était devenu une sorte sanctuaire anti-malbouffe, où l’implantation des grandes chaines de restauration industrielle,  restait relativement peu développée et en tout cas discrète.
Et voici que Mac Donald et Burger King projettent de s’implanter à Espalion au pied du plateau de l’Aubrac et à Millau.

hot-dog-Image par Fernando Villalobos de Pixabay

Des projets commerciaux qui s’élaborent dans une étonnante discrétion

Dans les 2 cas ces projets ne respectent pas les propositions de la Convention citoyenne pour le climat, relatives à imitation de l’étalement périurbain et de l’artificialisation des sols, propositions reprises, mais atténuées, dans le projet de loi « Climat et résilience » en cours d’examen par le Parlement. C’est peut être la raison de leur mise en œuvre discrète.
Dans les 2 cas,  il n’y a pas eu consultation des habitants : si celle-ci ne relevait d’aucune obligation légale dans le cas d’Espalion, il en va autrement à Millau où, par un montage scabreux, la mairie a vendu un boulodrome municipal, proche d’un rond point très fréquenté, à un entrepreneur propriétaire d’un terrain voisin, lequel va louer les 2 terrains à Burger King ! Cette vente illégale d’un bien communal, fait actuellement l’objet de 2 recours en justice de la part d’une association citoyenne locale.

Si l’information des habitants n’a pas été faite, ou alors truquée, comme c’est le cas à Millau, où le maire a fait croire que c’était un « grand restaurant » qui allait s’implanter ; si l’avis des habitants n’a pas été sollicité, par contre, la propagande des 2 enseignes, via des cabinets spécialisés, n’a pas manqué de vanter  les emplois directs et indirects qui seront créés par les  projets et plus généralement, les retombées économiques attendues pour la région, notamment pour les paysans qui trouveraient de nouvelles possibilités découler leurs produits, alors que l’essentiel des produits utilisés par ces 2 enseignes passe par des grossistes…

Enfin, tandis que Mac Do et Burger King déclarent avec aplomb que leurs implantations  correspondent à un besoin local, sans toutefois présenter d’études qui le confirment, la mobilisation citoyenne s’étend. Réussira t’elle à stopper ces 2 projets ? Informée tardivement de leur existence la mobilisation citoyens aura d’autant plus de difficultés à réussir que les permis de construite ont été accordés.

Pour aller au delà de cette réflexion je propose à nos lecteurs de consulter l’excellent article d’Amélie Poinsot publiée le samedi 13 février 2021 dans Médiapart. (1)

Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 18 /02/2021

Friture de poulet industriel -Image par Shutterbug75 de Pixabay

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Notes:
  1. Macdo Burger King 73

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