A propos du communiqué de la Conférence paysanne de l‘Aude sur le rapport du GIEC

Cyclone Katrina age par WikiImages de Pixabay.jpg

Le 9 août dernier le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publiait son 6ème rapport sur le climat. Ce rapport qui s’appuie sur une base de plus de 14.000 études, a été rédigé par 234 scientifiques de 66 pays. Il confirme ce qui, jusque là, était présenté comme une hypothèse probable : il  y a une relation étroite entre le réchauffement constaté depuis la fin du XIXème siècle et l’accumulation des gaz à effet de serre (GES) produits par l’activité humaine. Cette confirmation résulte des progrès faits par l’observation des phénomènes météorologiques.

La responsabilité humaine est donc établie. Plus grave : les engagements pris par les États dans l’accord de Paris de 2015 n’ont pas été tenus ; ils visaient à limiter le changement climatique sous les 2° d’accroissement de température moyenne du globe, or selon le rapport du GIEC, la température moyenne du globe devrait augmenter de + 1,5° dès 2030 et les scénarios les moins pessimistes confirment le dépassement de + 2° à la fin du siècle.

Ce rapport fait aussi le lien entre réchauffement climatique et évolution des phénomènes météorologiques : ceux-ci augmentent en fréquence et en brutalité. Ainsi la fréquence des pics de chaleur a augmenté de 2,8 fois depuis le début du siècle et avec une augmentation de + 1,5° les canicules seront 4 fois plus nombreuses, 5,6 fois avec + 2°…Une tendance analogue s’observe pour les pluies et les inondations.

Selon le GIEC les conséquences du réchauffement climatiques sont « irréversibles pour des siècles ou des millénaires ». Un monde en dessous de + 2° sera difficile, au dessus de + 2° il sera invivable pour le plus grand nombre. Seule une révolution planétaire permettrait de contenir le réchauffement sous les + 2° : on en est loin. En France la campagne des présidentielles 2022 a pris le pas sur le réchauffement climatique : on y parle candidats et si peu de leurs programmes, surtout en matière de lutte contre le réchauffement climatique : le communiqué de la Confédération paysanne de l’Aude que nous publions ci-dessous en propose un…

La rédaction du Clairon de l’Atax

Communiqué de presse

le 10 août 2021

COMBIEN DE RAPPORTS DU GIEC FAUDRA-T-IL ENCORE ?

Soutenir l’agriculture paysanne pour rester dans la trajectoire +1,5°C

 

Le constat du GIEC est une nouvelle fois sans appel ; la situation est alarmante.

Les engagements pris par les États dans la foulée des accords de Paris en 2015, devraient au mieux permettre de limiter le réchauffement climatique à + 3°C, mais, au rythme actuel, l’horizon se situe plutôt vers + 4°C ou + 5°C.

Il est encore possible d’atteindre l’objectif de + 1,5°C en réduisant de moitié les émissions de CO2, dès aujourd’hui et pour longtemps et à l’échelle planétaire.

Aussi, pour répondre à cette urgence, l’Agriculture Paysanne apporte de nombreuses solutions permettant de réduire les émissions agricoles et adapter le secteur au changement climatique :
– parmi les leviers d’atténuation, revenir à un élevage paysan en lien avec le sol, le territoire et les besoins alimentaires ou encore
– réintroduire la polyculture-élevage pour limiter l’utilisation des engrais de synthèse fortement émetteurs de gaz à effet de serre.
– pour s’adapter au changement climatique, opter pour des pratiques économes en eau, développer l’agroforesterie, diversifier les productions et les espèces animales et végétales,
– développer la souveraineté alimentaire en soutenant la relocalisation de la production.

Les politiques publiques sont essentielles pour accompagner cette nécessaire évolution. On ne peut que déplorer le manque d’ambition de la loi « Climat et Résilience » et espérer un sursaut de responsabilité pour que la finalisation de la PAC prenne ces enjeux à bras le corps avec une architecture environnementale forte et des mesures agri-environnementales et climatiques permettant d’accompagner les fermes qui doivent impérativement changer.

Enfin, il est urgent de s’attaquer au modèle économique actuel destructeur du revenu paysan : urgence écologique et sociale sont liées et les réponses à apporter ne peuvent être dissociées. Ainsi régulation des marchés et maîtrise des volumes sont essentielles pour redonner de l’autonomie et des moyens au monde agricole afin de mettre en œuvre les évolutions. La nécessité de s’attaquer aux causes du dérèglement impose d’abandonner les fausses alternatives comme la méthanisation industrielle, les agrocarburants ou encore la compensation carbone qui ne sont qu’un leurre pour pallier la faiblesse des revenus agricoles sans inciter aucunement à la réduction de CO2.

 

Contacts
Lozat Olivier                                                
chargé de l’animation et de la communication
06 31 34 84 59

Confédération paysanne de l’Aude
Maison paysanne 
1 Av. Salvador Allende
11300 Limoux

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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