Drive my car

Japon – 2h59 – 2021 – Prix du scénario au festival de Cannes 2021

Un film de Ryusuke Hamaguchi avec Hidetoshi Nishijima, Toko Miura, Masaki Okada.
Adaptation d’un extrait du recueil « Des hommes sans femmes » de Haruki Murakami.

Un chef d’œuvre de délicatesse

shirakawa02-Image par pen_ash de Pixabay

Yusuke Kafuku  est acteur et metteur en scène. Oto, sa femme, lui raconte une histoire qui sert de prélude sexuel. Mais Oto va mourir brutalement après avoir trompé son mari avec un jeune acteur.

Kafuku va alors  accepter de monter la pièce « Oncle Vania » de Tchekhov à Hiroshima. On lui affecte pour son séjour et pour conduire sa voiture, une jeune femme, Misaki. Au fil du temps, ils vont se parler, se découvrir, s’apprécier. 

Ce film apparaît comme une peinture sur soie où le pinceau fin et fragile trace les composantes du kakemono. Tout est délicat. Yusuke vit un deuil douloureux et tout au long de la mise en scène de la pièce de théâtre, il va y trouver des résonances avec sa situation, l’atmosphère nostalgique de cette histoire russe s’impose en filigrane de son évolution  silencieuse.

L’originalité de la mise en scène tient dans le fait que les acteurs jouent leur rôle dans leur langue maternelle et en langue des signes. C’est comme si les mots n’arrivaient plus à traduire les sentiments et il est vrai que l’accompagnement de cette jeune femme mutique qui conduit la voiture de Kafuku renforce cette distanciation. Face au deuil, la solitude est immense et rien ne peut adoucir la douleur.

Le temps s’étire le long de la route qu’emprunte tous les jours Kafuku, il n’est pas besoin de discours, seule la pensée chemine tout au long de ces trois heures durant lesquelles on se laissera porter par la finesse, la beauté et la délicatesse de l’œuvre.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 12/09/2021

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