Narbonne : le canal de la Robine se meurt

Les canaux constituent incontestablement un plus dans l’attractivité touristique de département de l’Aude. Que se soit à pied ou à vélo le long de leur berges ou à bord de bateaux les visiteurs subissent le charme de ces lieux paisibles. Pourtant certains endroits souffrent manifestement d’un manque d’entretien qui prend des proportions alarmantes. C’est particulièrement le cas du canal de la Robine en aval de Narbonne, vers Port la Nouvelle où la gravité de la situation à mobilisé l’association de défense de l’environnement « Rubrésus » dont nous publions le communiqué.
                                                                                                                                                           La rédaction

COMMUNIQUÉ

 

Le canal de la Robine se meurt

RUBRESUS salue la méritoire initiative de l’association des amis de la Robine qui a sonné l’alerte sur le lamentable état du Canal de la Robine (L’Indépendant, 27 août).

Une balade entre les écluses de Mandirac et de Sainte Lucie montre l’ampleur de la catastrophe écologique qui affecte le canal : les proliférations massives de lentilles d’eau en tapissent la surface et de nombreuses plantes aquatiques l’envahissent sur des km. La sécheresse qui affecte notre pays est la goutte d’eau qui fait déborder le canal de végétaux envahissants. Elle est surtout révélatrice d’une situation chronique de pollutions du canal. Cet envahissement de végétaux aquatiques ne date pas d’aujourd’hui. Il s’est développé au cours des années et atteint aujourd’hui son paroxysme.

Le canal de la Robine est un exutoire d’eaux usées urbaines et industrielles. Le déversement des eaux usées traitées de la station d’épuration de la ville de Narbonne (50 000 habitants, plus de 5 000 m3/j) participe massivement au phénomène d’eutrophisation par accumulation d’éléments nutritifs : azote, phosphore, … véritables engrais pour ces végétaux. L’autorisation de rejets de nitrates via les eaux résiduaires d’Orano Malvési n’arrange pas le problème.

La pollution et le déficit en eau sont parfaitement connus de la pléthore d’organismes en charge de la gestion du canal de la Robine et de l’eau : Voies Navigables de France, Syndicat Mixte du Delta de l’Aude, Syndicat Mixte des Milieux Aquatiques et des Rivières, Parc Naturel Régional de la Narbonnaise, Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM/Préfecture), Conseil Départemental, Communauté d’Agglomération du Grand Narbonne, Ville de Narbonne, Agence de l’Eau, … On ne peut que déplorer leur manque d’anticipation et laisser-aller aboutissant aujourd’hui à une situation inadmissible d’un désastre environnemental annoncé, sacrifiant et condamnant le canal de la Robine. Cet ouvrage majeur aurait mérité la plus grande vigilance et des mesures drastiques pour éviter sa triste agonie.

Continuer des rejets polluants dans le canal n’est clairement plus acceptable et la bonne gestion doit être la priorité de tous les services pour restaurer le canal de la Robine.

Les millions € alloués au projet futile de barrage écrêteur sur un petit ruisseau (Le Veyret) à Montredon des Corbières seraient bien plus utiles à sauver le canal de la Robine, joyau de la Narbonnaise, au cœur du PNR, classé au patrimoine mondial de l’Humanité (UNESCO), aujourd’hui devenu un immense cloaque et menacé d’un éventuel déclassement.

Le canal de la Robine entre les écluses de Mandirac et de Sainte Lucie (Photo Rubresus)

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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