11 heures du matin, vendredi 13.
(Photo P.R)
11heures, hier matin dans la forêt de Chartreuse, il faisait beau, très beau. Le ciel était d’un bleu pur comme on le trouve seulement en montagne, les arbres commencent à roussir, ils prenaient ces teintes lumineuses qui font mal aux yeux mais éclairent les sous-bois comme si une lumière divine embrasait les sombres ramures. Je marchais d’un bon pas dans l’air frais, le sentier sinuait dans la forêt et prenait des allures de montagnes russes.
Brusquement, j’ai délogé un chevreuil qui contait fleurette à une biche. En quelques bonds il a décampé vers les hauteurs, tandis que sa dulcinée se précipitait dans la descente. Mon immobilité soudaine ne les a pas calmés, j’ai contribué bien involontairement à leur séparation provisoire. Nul doute qu’ils ont du se retrouver après mon passage.
Les geais s’énervaient dans les hêtres, leur cri rauque résonnait régulièrement et je me demandais ce qui avait pu les contrarier ainsi. Très vite j’eus chaud, car le temps, bien qu’automnal, était encore chargé de la moiteur de l’été. Je sentais la sueur ruisseler dans mon dos sous l’armature de mon sac. J’ai fait une halte pour boire un peu et reprendre mon souffle. J’avais marché rapidement depuis le départ.
Un petit rossignol me regardait d’un air interrogateur depuis le haut d’un buisson « T’es qui toi ? » semblait-il me dire mais, sans attendre la réponse il s’envola. J’aurai pu lui dire que je n’étais que de passage, que je ne toucherai pas à son buisson, que j’étais là pour regarder et pour écouter, pour profiter des odeurs, du soleil, du paysage : juste pour vivre encore plus intensément.
Je foulais maintenant le goudron d’une petite route de campagne, traversais un petit hameau avec une jolie fontaine : la fontaine Marie Lolin ! Qui était donc cette Marie Lolin ? une obscure paysanne ?, une femme lettrée ? . Près d’une autre fontaine, deux noyers m’ont généreusement donné leurs fruits, ils étaient les bienvenus car je commençais à avoir faim.
Des meules de foin m’ont servi de dossier pour faire une halte et me restaurer. Au soleil, pieds nus dans l’herbe, je profitais de l’air, de la lumière, du silence et du chant des oiseaux. A l’église du village, les heures ont sonné, il faudra bientôt rentrer. J’ai remis mes souliers, chargé mon sac à dos pour repartir sur le chemin.
C’était une belle journée tandis que là bas, un homme qui dispensait le savoir était poignardé et mourait sous les coups d’un autre homme qui croyait détenir la vérité. Jour de colère et de tristesse………
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 16/10/2023


félicitations pour cet hommage. Comment accepter ce drame atroce qui oppose le savoir, la délivrance du savoir contre l’obscurantisme, la bêtise, l’ignominie de personnes prétendant détenir une vérité complètement absurde. Merci à Dominique Bernard d’avoir protéger les élèves de son lycée