Aude : quelle stratégie pour le développement de l’énergie photovoltaïque ?

Quelle est la maîtrise des habitants sur l'évolution de leur territoire ?

photo HR

Une réunion publique organisée mardi 21 mai à l’Espace Culturel de Ferrals-les-Corbières, invitait les Audoises et les Audois à s’informer sur les projets de parcs photovoltaïques en cours dans le département.

C’est devant une salle bien remplie qu’un collectif de 3 associations : DDCM (Développement Durable en Corbières Minervois), ECCLA (Écologie des Corbières du Carcassonnais et du Littoral Audois) et Éco Habiter en Corbières a évoqué les méga-projets de parcs photovoltaïques en cours et particulièrement ceux concernant la Communauté de Communes de la Région Lézignanaise Corbières Minervois (CCRLCM).
Il ne s’agit pas pour ce collectif de s’opposer au développement des énergies renouvelable, développement dont il soutient le principe autant que la nécessité, mais de veiller à ce que celui-ci ne se fasse pas de manière anarchique et néfaste pour l’environnement, pour le bon fonctionnement des activités économiques locales et pour les conditions de vie des habitants.

A l’heure actuelle, c’est dans une certaine discrétion et sans consultation du public, que 4 parcs situés sur le territoire des Corbières ont déjà bénéficié du feu vert des services de l’État (Pm : 2 parcs à Tournissan sur une surface totale de 71,5 ha, 1 à Albas sur 34 ha, 1 à Ribaute sur 44 ha). Mais 5 autres projets, actuellement en cours d’instruction, vont  mobilisent des emprises foncières bien plus importantes, notamment le projet de Fabrezan-Camplong prévu sur 220 ha de garrigues et de forêts.

Au cours de cette réunion, animée par Frank Turlan, membre d’ « Eco Habiter en Corbières », 5 intervenants : les représentants des associations invitantes, mais aussi les Présidents de la LPO Aude (Ligue de Protection des Oiseaux) et d’Enercoop Languedoc Roussillon et un viticulteur particulièrement impacté par le projet du Grand Crès, ont successivement évoqué les conséquences de l’implantation de ces parcs photovoltaïques sur la biodiversité, l’agriculture, le paysage, le tourisme et la vie locale, avant de laisser la parole au public.

Il ressort de cette présentation /débat que l’Aude avec ses disponibilités foncières et son ensoleillement, constitue un territoire particulièrement attractif pour des projets de grands parcs photovoltaïques dont la production d’électricité dépassera largement les besoins de l’Aude. Cela a provoqué un emballement déraisonnable, dénoncé conjointement par les 3 associations qui demandent que cette course aux projets soit stoppée.
Maxime Guillaume, le président de DDCM, propose la mise ne place d’un moratoire d’un an pour les projets photovoltaïques au sol de plus de 15 ha et les projets agrivoltaïques de plus de 5 ha : il s’agit de se donner le temps de réfléchir ensemble. L’idée c’est de coconstruire une charte du photovoltaïque au sol, animée par les 2 parcs naturels régionaux (Corbières-Fenouillèdes et PNR de la Narbonnaise en Méditerranée) dont les aires géographiques sont concernées par la plupart des implantations projetées. Cette charte qui stimulerait l’investissement local et citoyen, serait établie en cohérence avec les plans climats et les schémas de cohérence territoriale (Scot) de la Communauté de Communes de la Région Lézignanaise Corbières Minervois et du Grand Narbonne.

Il faut mentionner l’alerte lancée en fin de réunion par Frank Turlan, quant à l’urgence de se mobiliser face à cette inflation de projets et à la menace d’une expansion anarchique des ENR. Quelle est actuellement la maîtrise des habitants sur l’évolution de leur territoire ? Il ne faut pas oublier que le développement industriel s’établit, soit là où la ressource en énergie est abondante, soit là où les matières premières sont abondantes et accessibles … Une affaire à suivre !

HR pour la rédaction du Clairon de l’Atax le 22/05 / 2024

 

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

Laisser un commentaire