
Statue de la République, Paris (Image par Laurence Gras de Pixabay)
Parmi les différentes interventions faites au cours de ce meeting, le Clairon a retenu ce discours qui avait selon nous une vraie dimension politique
La rédaction
Marcel Paul, Ambroise Croizat, Maurice Thorez, trois ministres du gouvernement provisoire de la République, trois hommes qui –parmi d’autres- ont fondé, après la guerre, le contrat social que nous connaissons aujourd’hui : celui des jours heureux.
Pour notre indépendance, Marcel Paul fit signer les décrets nationalisant les industries électriques et gazières.
Pour notre vie, Ambroise Croizat fit signer les décrets mettant en place la sécurité sociale.
Pour notre liberté, Maurice Thorez fit signer les décrets mettant en place un statut des fonctionnaires.
Lorsqu’on dit que le RN souhaite liquider l’héritage de la résistance, on ne dit pas seulement qu’ils ont des fondateurs membres de la SS ou de l’OAS, ou qu’ils sont nostalgiques de Pétain, car les choses sont aujourd’hui plus subtiles.
Si le RN a su substituer -au moins partiellement- à la brutalité idiote des partisans du GUD ou du Bloc Identitaire (1) l’affichage arrogant des parlementaires aux cheveux gominés et aux costumes impeccables : la nature de leur projet politique reste inchangée. Le contrat social ambitieux issu de des forces de la résistance et des mouvements pour la décolonisation doit prendre fin !
Car ne nous y trompons pas, les décrets du GPR (2), outre les garanties sociales légales et politiques qu’ils établissent, sont indissociables de l’esprit de la Résistance et ce faisant indissociables de l’esprit de 1936 qui anima les grèves joyeuses du Front Populaire. Le RN souhaite défaire cet héritage.
La montée de l’extrême droite nécessite une remise en question à gauche et un retour à la raison et au dialogue entre les différentes forces politiques. Défi qui, je crois, a été relevé il y a deux semaines : relevé par des travailleurs et militants qui, comme ceux de 36 ou de 45, aiment leur pays. Et ils aiment VRAIMENT leur pays.
Car devinez quoi ? Les députés et dirigeants frontistes n’aiment pas la France, en tous cas pas toute la France. Ils n’aiment pas son histoire sociale, ils n’aiment pas son histoire révolutionnaire, ils n’aiment pas la richesse intellectuelle qui a émergé des luttes anticoloniales. Moi dans la France que j’aime, il y a Rousseau, Jaurès, Franz Fanon et Manouchian.
Et aussi, j’aime bien trop la France pour la mettre dans des cases, j’aime bien trop la France pour ne pas aimer tous les hommes et femmes qui l’habitent, et j’aime bien trop la France pour être nostalgique de son empire.
Pour répondre aux privatisations brutales que nous promet le RN, un nouveau (ou une nouvelle) Marcel Paul se lèvera et construira un mix énergétique publique et décarboné !
Pour répondre à la destruction de l’hôpital public, un nouveau Croizat se lèvera et mettra en place un pôle public du médicament !
Pour répondre au saccage de notre école, un nouveau Maurice Thorez se lèvera, et organisera un collège public où les enfants ne seront pas plus de 19 par classe !
Et ils se lèveront parmi les André Chassaigne, les Cyrielle Châtelain, les Mathilde Panot, les Boris Vallaud, et aussi avec eux, maintenant, Viviane Thivent, pour qui nous avons voté ce Dimanche 30 Juin et pour qui nous voterons encore au 2ème tour, le dimanche 7 juillet prochain.
Et puisque cette belle alliance du Front Populaire est née de l’antifascisme, répétons ce que nous clamions en 2002 : « La jeunesse emmerde, le Front national ! »
Et pour célébrer la binationalité, adaptons à notre situation ce slogan de nos amis d’outre-Rhin : « Die Jungen verarschen die AfD !». (3)
Discours de Théo Demenge aux sympathisants du Nouveau Front Populaire
Notes
- GUD groupuscule activiste d’extrême droite désormais interdit ; BI Mouvement activiste d’extrême droite[↩]
- Gouvernement Provisoire de la République[↩]
- Les jeunes emmerdent l’AFD (parti d’extrême droite allemand) [↩]

