Au festival de théâtre de Ségure à Tuchan : HIER – DEMAIN

Le festival de théâtre de Ségure bat son plein à Tuchan. Dans une série d’articles, le « Clairon » relaye les critiques des différents spectacles publiées par Véronique Blin.

La rédaction

Le « quatrième Mur »

« On s’était promis de se retrouver ici un jour… ».
Ici ? Un lieu entre deux mondes, mi souterrain abandonné, mi grotte, abri des souvenirs…
Trois vieux amis se retrouvent par hasard, contraints par un confinement drastique dû à une chaleur torride, à se réfugier sous terre. Ils sont âgés aujourd’hui, mais rien ne les empêche de remonter le temps jusqu’à leur jeunesse, tout en étant pris au piège du monde actuel, si différent de celui qu’ils ont connu…
Et pourtant, la joute verbale qui s’engage en trio est bien actuelle : de la démocratie au fascisme radical, du capitalisme  acharné, maître du jeu financier planétaire, au quasi désert culturel qui tente tant bien que mal de s’y opposer, ou de la sensibilité des gens au réchauffement climatique, en passant par mai 68, aucun sujet porteur d’une possible discorde n’est à écarter.
Mais « Le bonheur intérieur brut, qui s’en occupe ? »

Photo Christian Haerig

Photo Christian Haerig

Photo Christian Haerig

Si l’on parle de théâtre aux chinois, maîtres du monde économique, « ils ne veulent en garder que les fauteuils »…
De cette diatribe échevelée, reste ce possible, le « quatrième mur », celui de la liberté, de l’ouverture aux autres, à la vie, au partage. Mais si « en Droit, les inventeurs sont des découvreurs, d’un autre côté, avec une carotte bio on ne peut rien acheter sur Amazon »…
Terrible dilemme. Enfermés dans leur trou, ils tentent de s’entendre, en vain… « Je ne sais plus comment faire pour gagner plus », dit l’un. « Gagner assez, ça ne veut rien dire, gagner plus, c’est mieux » dit l’autre.

Photo Christian Haerig

Le problème en démocratie, où le vote est souverain, c’est que « quand on est trois il vaut mieux être deux… ». Ils sont deux contre le doux rêveur d’un monde meilleur…
De l’humour dans ce marasme ? Ils en regorgent. Entre deux saillies verbales à peine voilées, le mot d’ordre « il fait chaud, c’est l’heure de l’apéro » les rassemble à chaque début d’orage.
Et même si l’un déclare « ce que j’aime le plus dans entreprendre, c’est prendre », c’est bien nous qui sommes pris dans cette quête inlassable du mieux-être, du mieux vivre, vaille que vaille.
Si d’aucuns trouveront peut-être le propos un peu long, le nombre de thèmes abordés n’empêchera pas la porte du quatrième mur de s’ouvrir sur le monde, et eux trois de sortir de leur trou, en riant.

Photos Christian Haerig

Véronique Blin

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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