Élections municipales à Narbonne : une partie de la gauche entre en pré-campagne

 

Les représentants des partis animateurs de la plateforme Narbonne En Grand (photo HR)

Vendredi 25 avril, une cinquantaine de personnes sont venues au ″Loc’Halles″ écouter les représentants de 5 partis de gauche (1) qui lançaient avec diverses organisations humanitaires une pré-campagne électorale en vue des municipales de mars 2026.
Cette campagne se veut répondre à 2 préoccupations partagées par la gauche narbonnaise : d’une part faire barrage à « la montée préoccupante de l’extrême droite », susceptible de conquérir Narbonne aux prochaines municipales, d’autre part substituer à la gestion municipale actuelle, une gestion plus soucieuse de l’intérêt public.
Ces 5 partis de gauche et les organisations cofondatrices, ont concrétisé leur formation en collectif par la signature d’une charte qui définit les valeurs communes auxquelles ils adhèrent. Ils ont ensuite créé une plateforme baptisée « Narbonne En Grand » qui vise à enclencher une démarche participative présentée comme ″inédite″.

La plateforme « Narbonne En Grand »

Un questionnaire

Le collectif -Narbonne En Grand- souhaite enclencher une démarche de participation citoyenne pour coconstruire un diagnostic général de la situation à Narbonne.
Pour ce faire, cette démarche débute par un questionnaire numérique ou « papier » (réalisé dans ce second cas en ″porte à porte″ ou en présentiel dans des lieux publics, marchés de quartier, etc.). Le questionnaire comporte plusieurs rubriques où l’enquêté doit à chaque fois choisir la problématique qui lui semble la plus préoccupante : : -Cadre de vide et sécurité-, -Éducation, santé solidarité-, -Économie et emploi-, -Écologie et environnement-, -Vie culturelle et sociale’, etc…Suivent des questions semi-ouvertes sur ce que l’enquêté aime à Narbonne, puis sur ce qu’il voudrait voir changé… En fin de questionnaire, il lui est proposé de localiser son lieu de résidence en fonction de dives territoires définis par l’enquête. Pour terminer, il lui est demandé s’il souhaite participer à la démarche citoyenne engagée par ce questionnaire ainsi qu’un minimum d’informations permettant de la contacter…

Des groupes de travail pour la coconstruction d’un diagnostic

Par la suite, des groupes de travail associant dans les différents quartiers les habitants volontaires et les promoteurs de cette consultation devraient établir des diagnostics par secteurs qui serviraient de base à la construction d’un « programme électoral municipal de gauche ».

Remarques sur cette démarche de coconstruction

Elle peut être considérée comme ″inédite″ dans la mesure où elle recourt à des questionnaires numériques ou papier pour recueillir les réponses des gens. Par contre l’idée d’une démarche de coconstruction avait déjà été mise en pratique par les « Robines » lors des municipales précédentes. Plus généralement, il est habituel qu’à l’approche d’échéances électorales, les candidats et leurs formations politiques reviennent vers leur électorat potentiel et se soucient de son opinion.

De nombreuses questions méthodologiques restent posées en l’absence actuelle de précisions de la part des initiateurs de la plateforme, parmi lesquelles :

  • La pertinence des réponses à certaines questions par un public non informé. (2)
  • Comment reconnaître dans les réponses la part induite par la question posée ?
  • Comment, par qui et selon quelle procédure se feront le dépouillement des questionnaires et la synthèse de la consultation citoyenne ?

Au plan politique

Cette démarche peut présenter certains risques pour ses promoteurs.

« Scripta manent », les écrits restent : si cette enquête, réalisée sur des supports qui laissent des traces, peut être séduisante et séduire des électeurs au cours d’une campagne électorale, elle engage ses promoteurs en cas de victoire électorale bien plus qu’une démarche purement orale.. C’est ce que faisait remarquer l’un des participants à la réunion : « il faudra continuer si vous êtes en mandat ». L’exemple du sort et de l’effet politique des -Cahiers de doléances-, initiés en 2019 par E. Macron pour tenter d’apaiser la crise des Gilets jaunes, devrait donner à réfléchir.

Reste la question de l’inscription de cette initiative dans une mobilisation générale de la gauche narbonnaise.

A la question posée par une participante du rapport entre l’initiative prise par l’équipe de -Narbonne En Grand- et celle d’un autre groupe réuni précédemment auquel elle avait assisté (3), il fut répondu que la démarche citoyenne entreprise restait ouverte à de nouveaux participants qui adhèreraient à la charte du collectif.

Il faut rappeler qu’une action semblable à celle de la plateforme Narbonne En Grand est en cours depuis plusieurs mois. Le Ga LFI de Narbonne et le MCN (Mouvement Citoyen Narbonnais), actifs dans les quartiers à forte densité de logement sociaux, rencontrent régulièrement les habitants et réalisent une enquête en porte à porte sur les problèmes liées à l’habitat.

La capacité de la gauche narbonnaise, dans sa diversité actuelle, à enrayer la progression du Rassemblement National aux prochaines échéances électorales, continue à poser question.

Hubert Reys pour le Clairon de l’Atax le 26/04/2025

 

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Notes
  1. Parti Socialiste, Écologistes, Parti Radical de Gauche, Parti Communiste, Nouvelle Donne[]
  2. N’eut -il pas été préférable d’employer une méthode inspirée de la Convention Citoyenne pour le Climat, où les citoyens participants bénéficiaient dans leurs réflexions de l’appui d’une palette d’experts ?[]
  3. ndlr : il s’agit probablement de la réunion du NFP à la Maison des services St Jean St Pierre le 15 novembre 2024[]
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