
Réchauffement climatique (Image par Rosy Bad Hombourg de Pixabay)
Dans la foulée de la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC), qui s’est déroulée à Nice jusqu’au 13 juin dernier, l’équipe internationale de chercheurs de l’IGCC (Indicators of Global Climate Change) a émis un avis très pessimiste sur l’avenir climatique de la planète.
Cette équipe qui réunit 61 chercheurs de 17 nationalités, issus de 54 instituts (1) est formelle : « Limiter le réchauffement planétaire sous 1,5 °C n’est désormais plus atteignable ». Ce chiffre de 1,5°C avait été fixé lors de la COP 21 qui s’était tenue à Paris en novembre 2015.
Cohérence méthodologique
Les chercheurs de l’IGCC ont repris, les méthodes du GIEC. Ils ont actualisé les indicateurs géophysiques qui permettent de mesurer les variations climatiques et établi pour l’année 2024 les évolution : de la température à la surface du globe, des précipitations terrestres, de l’élévation moyenne du niveau de la mer, des émissions de gaz à effet de serre, déséquilibre énergétique, etc.
Les indicateurs montrent une situation planétaire qui continue de se détériorer
Le niveau de CO2 est plus élevé de 50 % de ce qu’il était à l’ère industrielle (2). « Pour le méthane, c’est plus de 100 %. On arrive à des niveaux inégalés sur des milliers d’années » selon P. Friedlingstein, directeur de recherche au CNRS.
La chaleur qui s’accumule ainsi dans le système climatique, se traduit par un réchauffement de la température moyenne à la surface de la terre. Sur la période de 2015 à 2024, la température moyenne de la planète a déjà dépassé de 1,24 °C la valeur préindustrielle dont 1,22 °C sont dus aux activités humaines. Mais sur une période annuelle, c’est la première fois que le seuil de 1,5°C est dépassé en 2024 (+ 1,52 °C, dont 1,36 °C dû aux activités humaines).
Les capacités d’absorption par la planète du carbonne, émis suite à la consommation d’énergies fossiles et à la déforestation, ne cessent de se réduire. La capacité de production de CO² permettant de conserver 50% de chances de limiter l’augmentation de température globale a diminué de 74% depuis le 6ème rapport du GIEC (2023).
Les conséquences du réchauffement deviennent visibles : élévation générale du niveau de la mer de 22,8 cm depuis 1901. Entre 2006 et 2024 le rythme moyen d’élévation a été de 3,9 millimètres par an, au lieu de 1,85 mm par an auparavant et il continue de s’accélérer. Cela participe à une intensification des phénomènes météo (cyclones, ouragans, gouttes froides ; etc.) qui perturbent gravement les écosystèmes marins, leur faune et leur flore et provoquent des changements physiques (par ex : érosion côtière)
″En même temps ″ aucune mesure n’a été prise par les gouvernements néolibéraux qui se sont succédés depuis la dissolution de 2024, tandis que la communication d’E. Macron tente de faire croire à l’opinion son engagement dans la lutte contre le changement climatique. Depuis 2017, à l’inverse de ses affirmations, l’ensemble des mesures prises en faveur de l’industrie ou de l’agro-industrie par la macronie ont contribué à l’aggravation de la situation.
Louise B. Velpeau pour le Clairon de l’Atax le 21/05/2025
Notes
- dont pour la France : le CNRS, Météo France, le CEA, ainsi que le service marin du programme européen d’observation de la terre Copernicus [↩]
- on considère que celle-ci s’étend de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle[↩]


