France, Belgique, Italie – 1h42 – 2025
Un film de Laurent Cantet et Robin Campillo avec Eloy Pohu, Pierfrancesco Favino, Elodie Bouchez.

adolescent (Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay)
» Qui suis-je, où vais-je, dans quel état j’erre ? »
Enzo, 16ans, fils d’un professeur à l’université et d’une ingénieure, est apprenti maçon à la Ciotat.
Il a abandonné les études par choix, il veut travailler et se frotte au milieu des ouvriers du bâtiment dont le beau Vlad, Ukrainien, qui lui ouvre des perspectives.
Qui a dit que l’adolescence est le » bel âge » ? C’est surtout l’âge des doutes, du mal-être, du malaise, de l’étrangeté, c’est le « complexe du homard » disait Dolto, pas de carapace et donc sensibilité exacerbée à tout et à rien, mal partout, et nulle part et pas de mots pour le dire et pour exprimer sa difficulté à vivre, juste la colère et (ou ) la violence.
C’est Enzo, 16ans, une peau de velours, un regard de biche encore enfantin mais un cerveau d' »adulescent ». Il s’oppose à ses parents, friqués dans leur maison d’architecte mais en même temps, compréhensifs vis-à-vis du choix de leur fils. Ils acceptent cette parenthèse dans son cursus comme l’évoque son père. Enzo ne le vit pas comme cela, il découvre un autre monde grâce à Vlad et à Myroslav, deux Ukrainiens, venus en France pour gagner de l’argent. Enzo parle avec eux de la guerre en Ukraine, des filles, de leur famille, il succombe au charme de Vlad, tout en flirtant avec une petite amie du lycée.
Enzo se sent comme un étranger dans cette famille, il cherche sa place, il cherche un modèle, quelqu’un qu’il pourra aimer, désirer, admirer. Cette quête ne se fait pas sans difficulté, sans confrontation et sans une certaine attirance pour la morbidité.
Un film très délicat, l’adolescence y est filmée avec tendresse et les deux acteurs principaux, Enzo et Vlad, qui sont non-professionnels sont confondants de justesse.
Un bon moment !
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 21/07/2025

