Mais où va donc tout l’argent économisé en réduisant les services publics ?

Par ici la monnaie Image par Gerd Altmann de Pixabay

A l’âge de la « start-up nation«  les services publics apparaissent à beaucoup de nos dirigeants, biberonnés aux thèses néo et ultra libérales, comme une vieille chose, pesante, inefficace, incapable de s’adapter au changement, mais surtout coûteuse.
Sans aller jusqu’à vouloir éradiquer totalement les services publics, nos gouvernants successifs se sont persuadés qu’en y appliquant les techniques managériales du privé, on pourra faire plus et mieux avec moins. Moins d’équipements, moins d’agents, moins d’argent…

Pourtant les faits ne semblent pas confirmer cette vision négative et partisane des services publics.
Pour les plus récents : c’est bien l’hôpital public, (pourtant affaibli depuis des années par un politique d’austérité qui ferme des hôpitaux ou des services jugés non-rentables, qui supprime postes et lits, qui réduit le matériel et les fournitures médicales), qui a permis jusqu’à présent de tenir le coup face à la Pandémie de la Covid 19.
Dans un tout autre domaine, les importants dysfonctionnements dans l’envoi des professions de foi, les 21 & 28 juin, lors de dernières élections départementales et régionales, ont fait découvrir au public que cette mission, traditionnellement assurée par la Poste, avait été confiée à une société privée ADREXO qui avait failli au point que la Poste avait été rappelée à l’occasion du second tour, pour soulager cette entreprise en reprenant à son compte une partie de la distribution ! (1)

Pourtant malgré cette démonstration par les faits de l’utilité des services publics, nous gouvernants continuent à s’acharner à les réduire et à les sous-financer, en se cachant derrière des slogans plus ou moins creux : « modernisation« , « rationalisation« , « mettre l’usager au centre« , « amélioration de la qualité de service« , « sérieux budgétaire« , etc.
La propagande gouvernementale présente les services publics comme des contributeurs majeurs au déficit public, en passant sous silence qu’ils sont aussi créateurs de richesses, lesquelles bien souvent ne sont pas prises en compte dans leur comptabilité !

Un collectif pour la réhabilitation des services publics

C’est pour rétablir une approche moins partisane des services publics, qu’une centaine de cadres et d’agents ont décidé de former un collectif : « Avec une centaine d’agents des services publics, fonctionnaires ou contractuel·le·s participant, au sein de l’administration, à la conception et à la mise en œuvre des politiques publiques de l’état, des collectivités territoriales, des hôpitaux, de la sécurité sociale etc. nous nous constituons aujourd’hui en collectif. » (2).

Leur but : « Nous pensons que nous avons un rôle à reprendre pour décrypter ces dysfonctionnements et redonner au service public toute la place, la signification et l’impact qui font que nous nous y sommes engagé·e·s »

Selon les premiers travaux de ce « Collectif Nos Services Publics » ce sont entre 160 et 190 milliards qui sont dépensés chaque année pour confier à des entreprise privées des tâches qui sont du ressort des services publics !

On peut légitimement se poser la question des raisons de cette externalisation des missions de service public. Pourquoi Adrexo et pas la Poste ? Pourquoi un plan de vaccination confié au cabinet MacKinsey ? Pourquoi une plateforme de santé hébergée par Microsoft ? Pourquoi des rendez-vous de vaccination gérés par Doctolib ? leurs performances ne sont pas exceptionnelles, loin de là !

La rédaction du Clairon de l’Atax le 18/07/2021

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Notes:
  1. Ndlr : il serait intéressant de savoir si la société privée a été financièrement pénalisée et si la Poste a été rémunérée pour cette mission de « sauvetage » ?
  2. https://nosservicespublics.fr

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

1 commentaire

OUI ! Porkôâ ??? : )

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