Ohé, on n’est pas au cirque !

. A partir de quel taux d’abstentions le résultat d’une élection est-il considéré comme illégitime ?

clown (Image par klimkin de Pixabay)

Quel spectacle affligeant à 4 mois des présidentielles !

A l’heure actuelle 36 candidats se sont déclarés et il n’est pas exclu que l’actuel président Macron, pour le moment sur la réserve, se représente (sic). Les voici par ordre alphabétique : Nathalie Arthaud,  Nagib Azergui, Benjamin Victor Boucher, Marie Clau, Éric Drouet, Nicolas Dupont-Aignan, Clara Egger, Philippe Furlan, Fabrice Grimal, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Anasse Kazib, Georges Kuzmanovic, Luc Laforests, Alexandre Langlois, Jean Lassalle, Gilles Lazzarini, Marine Le Pen, Antoine Martinez, Philippe Mazuel, Jean-Luc Mélenchon , Arnaud Montebourg, Jacline Mouraud, Florian Philippot, Gérard Pignol, Philippe Poutou, Stéphane Tauthui, Fabien Roussel, Hélène Thouy, Hadama Traoré, Martin Rocca, Gildas Vieira, Antoine Waechter, Stéphane Wendlinger, Clément Wittmann, Éric Zemmour.
Tous pensent qu’ils ont quelque chose à dire, voire à faire. La plupart ne réussira pas à obtenir les 500 fatidiques parrainages d’élus, nécessaires pour faire valider leur candidature par le Conseil constitutionnel. Certains trouveront que ce système qui favorise une pléthore de candidatures est bon, car il permet l’expression de la diversité, mais dans le contexte de crise politique actuel où l’abstention prédomine lors des votes (cf. : 34,69 % au second tour  des régionales 2021), cette pléthore de candidats ressemble surtout à une course à l’échalote babillarde, qui attire de moins en moins de spectateurs. De cela les médias pourront tout au plus en sortir quelques détails croustillants.

Du coté des candidats dits « majeurs »

Les candidats que les médias considèrent comme majeurs et qui devraient passer la barre des 500 parrainages sont au nombre de 14, en supposant que le Président Macron ne déclare pas un jour ou l’autre sa candidature (sic).  Le nombre est important et il est d’autant plus difficile de comprendre ce fractionnement qu’il n’est pas lisible dans les programmes d’action présentés par les candidats. Les médias parlent des rivalités entre candidats et des tentatives de rassemblement, mais assez peu de leurs programmes et pour cause : certains sont quasi inexistants. Si l’on considère qu’un programme doit être écrit car il constitue une sorte de précontrat passé entre le candidat et ses électeurs et qu’il est l’expression d’un travail argumenté qui propose des objectifs déclinés en actions définies en termes de moyens et de temps : très peu de candidats sont en mesure, à l’heure actuelle de présenter un tel programme. Un sondage personnel ne m’en a fait découvrir que 2 : le programme intitulé « L’avenir en commun » de JL. Mélenchon, et le programme « En marche » d’E. Macron. Pour le reste il s’agit de projets, voire d’intentions, plus ou moins explicites.
Alors de quoi peuvent parler les candidats pour faire le « buzz » dans les médias ? Il ne reste que le « Je t’aime, moi non plus », assorti de quelques déclarations fracassantes comme «  Je supprimerai 150 000 fonctionnaires » ou « je supprimerai l’aide médicale d’État réservée aux clandestins » pour titiller les affects de ceux dont on espère capter le vote.
Mais sur quels éléments d’information s’appuyer pour voter ? Sur la bonne mine des candidats ?

Pourquoi vote-ton ? 

La macronie s’inquiète de la montée des abstentions. Le président LREM de la chambre des députés à diligenté une mission d’information parlementaire sur le sujet. Il s’agit « d’identifier les ressorts de l’abstention et de renforcer les mesures permettant de renforcer la participation électorale ». Déjà les jeunes écervelés LREM de la start-up nation, pensent à la dématérialisation du vote et aux différents gadgets techno censés le « booster ». Ces aménagement seraient censés favoriser le retour aux urnes, car  voter c’est important et selon le député LREM  Stéphane Travert : « choisir ses représentants c’est assurer aussi le succès de la démocratie représentative ». Vraiment ? Et de quel succès parle-t-on ? Le vote serait une condition nécessaire à la Démocratie ?
Selon l’historien  Olivier Christin (1) le vote n’est pas consubstantiel à la démocratie, on vote pour d’autres raisons : notamment lorsque l’unanimité ne peut se faire sur une décision, sans recours à la violence. Dans ce cas le vote est un moyen artificiel pour fabriquer une apparence de consensus, par exemple de conférer une légitimité à un système politique et aux élus qui l’animent. Mais cet artifice à ses limites : elles se trouvent dans le nombre des abstentions. A partir de quel taux d’abstentions le résultat d’une élection est-il considéré comme illégitime ?
Si aucun seuil n’est défini par la loi, le rôle régulateur du vote disparait et laisse la place à la montée de l’expression violente des aspirations et intérêt particuliers.

Toute cette agitation pour élire un monarque républicain ! Ne vaudrait-il pas mieux, comme chez nos voisins allemands, faire élire la Présidente ou  le Président de la République par le parlement ? Mais cela ferait certainement du tort à ce merveilleux État jacobin que nous trainons tout au long de notre histoire…

Hubert Reys pour le Clairon d l’Atax le 21/12/2021

 

 

 

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Notes:
  1. auteur de : Une histoire du vote avant le suffrage universel (seuil 2014)

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