Au ciné : “Inchallah, un fils”

Jordanie, France, Arabie Saoudite, Qatar, Egypte – 1h53 – 2023

Un film de Amjad Al Rasheed avec Mouna Hawa, Seleena Rababah, Haitham Omari.

 

Faucon (Image par Neil-Dodhia de Pixabay.jpg)

Nawal, 30ans se hâte de préparer le petit déjeuner pour son mari et sa fille avant de découvrir que celui-ci est mort dans son sommeil. Elle va devoir se battre pour garder son héritage, protéger sa fille contre la société et ses lois alors que la naissance d’un fils lui aurait facilité la vie.

Quel parcours de la combattante !! Nawal nous en impose par sa pugnacité, son opiniâtreté, elle se bat avec l’énergie du désespoir au fur et à mesure que s’accumulent au-dessus de sa tête ou devant elle toutes les difficultés liées au fait qu’elle est une femme, sans droit, sauf celui de se soumettre à la volonté des hommes. En particulier, son beau-frère qui veut récupérer l’appartement dans lequel elle vit avec sa fille et le paiement des traites pour rembourser le pickup que son frère avait acheté. Evidement si Nawal avait eu un fils, ces tourments lui auraient été épargnés.

Tout le film va tourner autour de cette paternité ou non paternité en référence à la fille de la patronne de Nawal qui veut avorter. Dans cette société faite par les hommes et pour les hommes,

Nawal va être confrontée à l’absurdité du système qui prend les traits de Hamsi, le beau-frère qui poussera le vice à la menacer de lui prendre sa fille face au frère de Nawal qui devient de plus en plus lâche et transparent.

Suivant la loi de Murphy, la situation devient de plus en plus intenable pour Nawal qui s’accrochera désespérément  à l’espoir d’attendre un fils, en fait, un petit miracle !

Si l’on laisse de côté la fin du film un peu fantaisiste, il a l’avantage de nous montrer au troisième millénaire des situations dignes du Moyen-Age, porté par une actrice étonnante.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 17/03/2024

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