

L’association RUBRESUS a tenu son Assemblée générale annuelle le 27 juin dernier. Cette association de protection et de sauvegarde de l’environnement basée dans la Narbonnaise intervient principalement dans l’est du département de l’Aude.
Son nom fait référence à un lac, le « Lacus Rubresus » en latin, qui se traduit par « lac rougeâtre ». Cette étendue d’eau lagunaire submergeait à l’époque romaine une partie des basses plaines de l’Aude. Elle recevait les alluvions de lu fleuve Aude ce qui lui conférait une couleur rougeâtre.
En raison de la canicule qui sévissait le 27 juin dernier, et qui rendait inutilisable la salle de réunion initialement prévue à Vinassan, l’Assemblée générale s’est tenue en plein air sur un mode rappelant les agoras antiques, pratiquées peut être dans les mêmes lieux il y a 2000 ans…
Rubresus : une activité sans relâche :
Depuis sa naissance en 1998, Rubresus n’a cessé de combattre les projets et pratiques polluantes qui dégradent l’environnement et menacent la santé des populations audoises. Pour ce faire, elle mobilise au sein ses membres et dans des partenariats avec des organisations de même sensibilités les compétences techniques et scientifiques qui lui permettent d’analyser les projets et pratiques qui posent des problèmes d’ordre environnemental, climatique ou de santé publique.
Ainsi Rubresus continue à être mobilisée actuellement contre des projets de l’industriel nucléaire ORANO / Malvési qui représentent un danger pour la santé des habitants de l’agglomération de Narbonne. Il s’agit notamment du projet TDN de traitement thermique des effluents nitratés issus du raffinage du concentré d’uranium alimentant la filière nucléaire. Ces effluents sont actuellement stockés dans des bassins géants à 3 km du centre de Narbonne et le projet TDN risque de disperser des fumées toxiques sur l’agglomération…Il s’agit aussi des conditions d’installation et de fonctionnement sur le même site d’une nouvelle activité de l’industriel, qui produit la NVH (Nouvelle voie Humide) fournissant en oxyde d’uranium l’usine Mélox de Marcoule où est produit le combustible MOX dopé au plutonium de La Hague….
On peut s’interroger sur la compatibilité de ce développement d’activités chimico-nucléaires au milieu d’une agglomération qui ne cesse de s’agrandir….
Le combat juridique engagé par Rubresus contre le projet TDN, a atteint le stade du recours en Conseil d’Etat. S’il n’a pas permis jusque-là de rejeter le projet TDN, il a du moins retardé sa réalisation au point de la rendre improbable…
Mais d’autres projets et pratiques mobilisent aussi l’association, parmi lesquels :
- Le projet de protection de l’ouest de Narbonne contre les inondations dont le coût a évolué de façon pharamineuse en changeant de bureau tout en proposant des solutions à l’efficacité discutable avec un fort impact sur l’environnement
- La question de la sécurisation des berges et digues de l’Aude dans la traversée de Coursan
- La question des ressources en eau et de la qualité de l’eau dans l’agglomération narbonnaise
- La question du curetage du Canal du Midi, du canal de la Robine et du canal de jonction par VNF et des dépôts de boues polluées
Toutes les recherches et les actions engagées par Rubresus sont le fait de bénévoles. La qualité et le sérieux de leurs prestations a convaincu un certain nombre de mécènes qui leur ont apporté leur soutien, notamment dans les recours en justice entrepris contre ORANO Malvési.
Rubresus, ainsi que d’autres d’autres organisations issues de la société civile, ont prouvé leur compétence à analyser des projets et pratiques concernant leur environnement, il est regrettable que les politiques menées actuellement par l’État tendent moins prendre en compte les avis de ces organisations et plus généralement à réduire les instances de consultation et de débat avec le public.
Après le vote du rapport d’activités et du rapport financier et la reconduction de l’équipe dirigeante, un pot de l’amitié a été partagé entre les membres de l’association.
La rédaction du Clairon de l’Atax le 30 juin 2025

