Le changement climatique n’est plus contestable. Dans notre région, les problématiques de sècheresse, d’inondations ou de feux de forêt frappent nos territoires et angoissent les habitants. Que faire ?

A l’invitation du mouvement citoyen « PAIS NOSTRE, le collectif héraultais « La pantiga » (1) a animé une conférence inter active présentée par le journaliste Joan Peire Laval, le samedi 18 janvier à l’Ostal Occitan de Narbonne
Les 4 membres actifs de «La Pantiga » ont présenté leurs regards cartographiés et chiffrés sur l’évolution du climat et les conséquences « sur la vie des gens » dans notre région et au-delà, avant que les participants puissent témoigner et s’interroger : « quoi faire ici et maintenant » :
- Sophie Martinet a présenté les constats de situation sur nos territoires audois, occitans et Eurorégionaux / internationaux.
- Didier Ribo a démontré le cout exorbitant et les conséquences du projet de détournement de l’eau du Rhône (220 Millions d’€) pour irriguer les vignes du Languedoc Roussillon. Actuellement 66 000 ha sur 200 000 ha de vignes sont irrigués par la compagnie Bas Rhône/ Languedoc (BRL) alors que la sècheresse fait remonter le sel. Les vignes de Camargue sont vouées à une mort certaine tout comme les vignes bord de mer de Narbonne plage.
- Mathilde Vidal a insisté sur la nécessité de déconstruire nos pratiques et nos croyances d’une eau en quantité infinie ; Si les « natifs » commencent à restreindre leur quantité d’eau potable, le surtourisme au contraire induit une surconsommation fragilisant la ressource. L’Eté 2024 a vu de nombreuses communes de l’Aude et des P.O totalement « sans eau ».
- Julien Vigouroux a exposé quelques solutions déjà expérimentées visant à relancer le cycle naturel de l’eau avec des sols couverts recréant de l’humus, de l’humidité, de l’évaporation et des pluies qui ne ravinent pas les sols arborés avec des retenues collinaires.
Les débats ont été nourris : si chacun a « sa solution » (toilettes sèches, robinets économiseurs d’eau, utilisation des eaux usées / grises par un double circuit etc.), le maire de Durban a décrit la situation catastrophique de sa commune avec des fuites réseau de 60% qu’il conviendrait de rechercher et colmater (avec quel budget ?) sans compter la nécessité d’approvisionner la commune en eau potable par camion représentant un cout de 60 000 € sans parler de la pollution de ce transport routier. Actuellement, une mutualisation départementale va permettre d’amener de l’eau potable jusqu’au château d’eau de chaque commune. De son côté Frantz Venes, viticulteur au Château Massamier – la Mignarde a Pépieux (Minervois) a exposé et justifié son engagement dans l’agroforesterie. Dans son domaine ils ont supprimé tous les intrants afin de protéger les sols tout en favorisant la biodiversité afin d’améliorer la résilience des vignes face au réchauffement climatique. « Nous plantons un arbre chaque 2 pieds de vigne, nous invitons des moutons (mérinos d’Arles) qui broutent l’herbe, avant la taille, évitant l’utilisation d’outils mécaniques ou chimiques. Ils apportent également des nutriments plus facilement assimilables au sol grâce à leurs déjections »…
PENSER GLOBAL ET AGIR LOCAL ?
La question des intempéries qui s’aggravent et leurs coûts pour la société a alimenté les échanges entre participants : les pluies subites le 29 octobre dernier a Valence (Espagne) dépassant les 600 litres / M² ont provoqué des inondations dévastatrices avec plus de 210 morts … la forte bétonisation des sols empêchant l’eau de s’écouler…. Les feux de forêt dans l’Aude, les Pyrénées Orientales et la Catalogne dévastent le terrain chaque Eté. En 2023, plus de 500 000 ha ont été brulé en Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord, selon le rapport publié le 19 nov 2024 par la Commission européenne obligeant à des évacuations de population … Pour des habitants des Pyrénées , alors que le manque d’eau est criant dans certaines communes des P.O., les stations de ski recourent à des « usines a neige artificielles », puisant l’eau dans les lacs comme celui des Bouillouses, au grand dam des habitants et des « écologistes » …
En conclusions, Pour PAIS NOSTRE, il s’agit bien de réfléchir globalement à l’ensemble des enjeux (changement climatique, augmentation des températures) et d’agir localement pour trouver des solutions viables (eau potable dans les communes, tourisme durable et régénératif) Lors de ses 20 ans, l’Eurorégion a proposé des mesures concrètes partagées, que l’actuel président de la Generalitat de Catalogne, président de l’Eurorégion Pyrénées Méditerranée , Salvador Illa, est allé porter au Parlement européen et à la Commission.
Joël Raimondi pour le Clairon de l’Atax le 20/012/2025
Article de l’Indépendant
Notes
- La Pantiga : sauterelle témoignant de la bonne santé des vignes … actuellement en cours de disparition[↩]

