
Un mouvement avait émergé sur les réseaux sociaux avec ce slogan choc : « bloquons tout ». Il s’agissait de l’expression, nouvelle dans sa spontanéité, du mécontentement de l’opinion, révélée par ailleurs dans de nombreux sondages, très défavorables au gouvernement Bayrou et au président Macron.
Devant l’ampleur de la propagation sur le net de ce slogan « bloquons tout », le gouvernement et ses soutiens politiques, ont alors entrepris une campagne de sape. Cette campagne, puissamment soutenue par les relais médiatiques privés et publics du pouvoir en place (radios & TV), a tenté de discréditer les initiatives et actions prévues pour la journée du 10 septembre. C’est ainsi qu’une foule de commentateurs de tout poil ont, comme d’habitude, tenté de faire peur à l’opinion.
Tout y est passé : comparaison avec le mouvement des gilets jaunes, évocation des « black bloc » et des différents casseurs susceptibles d’agir, inventaire de dégâts putatifs aux équipements publics et commerces, exposés des conséquences du blocage sur l’économie et le PIB, annonces sur-jouées par le ministre de l’intérieur d’un dispositif policier surdimensionné pour protéger les ″braves citoyens″, etc.
(Photo HR)
A Narbonne
Un rassemblement dans le cadre de la journée « Bloquons tout » avait été fixé à 10h30 devant la médiathèque à l’initiative d’une AG ouverte, tenue le 2 septembre à la Bourse du Travail de Narbonne
C’est ainsi se sont progressivement rassemblés : des citoyens sans étiquette, des membres de syndicats, de partis politiques et d’organisations diverses. Des slogans ont fusé, repris avec enthousiasme par la foule : qu’il s’agisse de l’opposition à la politique budgétaire du gouvernement ou de la démission du président Macron…Des représentants du tiers-lieu « Atelier paysan Beauregard » sont venus se joindre au rassemblement avec un tracteur et sa remorque. C’est l’arrivée de ce tracteur qui a enclenché la décision de transformer le rassemblement en défilé suite à une AG spontanée où la décision a été prise par un vote à mains levées des présents.
Il s’est alors formé un cortège, estimé à 600 manifestants par le comptage du Clairon, qui a parcouru le centre-ville en s’arrêtant notamment devant l’hôpital pour scander des slogans en soutien à l’hôpital public. Le cortège s’est rendu ensuite devant le lycée Lacroix où s’est déroulé un épisode dansant, suite à une demande des jeunes présents dans le cortège, puis il est reparti vers le rond-point de la médiathèque qu’il a occupé vers 12h30.
Alors que le nombre de participants diminuait très sensiblement, une nouvelle AG spontanée a décidé de bloquer le péage de l’autoroute à Narbonne Bonne Source. Une cinquantaine de personnes s’est alors mise en mouvement, vers le rond-point des Colonnes où un repas convivial fut partagé entre les manifestants. A la suite de ce repas, une nouvelle AG a décidé de bloquer le rond-point et de faire une action au centre commercial Carrefour, ce qui a provoqué sa fermeture ainsi que celle de l’hypermarché…C’est alors que, dans le cadre d’une dernière action et suite à une tentative de sit-in dispersée par la police, un manifestant a été interpellé pour entrave à la sécurité routière et conduit à l’hôtel de police…Le manifestant a été relâché en fin de soirée.
Photo LF
Le nombre de manifestants présents au cours du défilé, s’est avéré comparable aux mobilisations d’opposition à la politique gouvernementale, habituelles à Narbonne depuis la présidence Macron. Compte tenu des modalités particulières d’organisation de cette manifestation du 10 septembre, on ne peut donc pas parler d’un « mouvement qui fait pschitt » mais d’une initiative positive susceptible de développement.
La rédaction du Clairon de l’Atax le 11/09/2025


