Exposition Neil Beloufa. « Développement durable »‘

Neil Beloufa, artiste franco-algérien né en 1985, a exposé récemment au Moma de New York (2016), à l’ICA de Londres (2014), à la Biennale de Lyon (2015) ou encore au Hammer Museum de Los Angeles (2013), à la Biennale de Venise (2013) et à la Fondation Ricard à Paris (2014). Il a successivement étudié à la Cooper Union à New York, à Cal Arts à Los Angeles et à l’ENSBA à Paris.
Au travers d’installations complexes dans lesquelles dialoguent et s’entrechoquent films, sculptures et peintures éclatées dans l’espace sans hiérarchie apparente, Neil Beloufa développe depuis quelques années une oeuvre qui interroge et déjoue les systèmes de nos représentations contemporaines. Son travail apporte un regard à la fois grinçant et engagé sur le devenir-design de nos sociétés, où l’esthétique et le langage sont au service d’un réel façonné et instrumentalisé par une industrie du spectacle toute-puissante ou tout au moins qui se pense comme telle.
La prolifération actuelle des images et des objets entraine bien souvent une voracité nauséeuse où l’homme contemporain ne cesse de courir après une pseudo-nouveauté qui au final le paralyse. Le philosophe et romancier Tristan Garcia nomme joliment ce symptôme : l’épidémie des choses*. Une telle épidémie semble à l’œuvre dans les installations de Neil Beloufa : les films sont déconstruits par des dispositifs de monstration qui projettent et démultiplient les images à la fois sur les murs, sur des tableaux et sculptures hybrides, opérant un brouillage tant visuel que conceptuel. Totalement immergé dans les installations de l’artiste, le spectateur ne sait s’il est embarqué dans quelque futur dystopique ou bien au coeur de nos névroses contemporaines. Mais ce qui semble évident, c’est que l’artiste joue d’une connivence avec le spectateur, en activant, s’appropriant et par la même déjouant les lieux communs et stéréotypes qui peuplent notre quotidien. Le spectateur est ainsi placé dans une situation tout à la fois active et inconfortable : physiquement d’abord, car la rétine et le corps sont sollicités jusqu’au vertige ; conceptuellement ensuite, tant les propositions de l’artiste jouent sur de multiples ambiguïtés, dont celle, et non des moindres, qui consiste à utiliser les armes de séduction massive du marketing pour mieux les interroger et les déjouer. Les caméras de surveillance, les prothèses visuelles ou auditives présentes dans nombre de ses installations, rejouent ainsi les mécanismes de contrôle de nos sociétés à l’autoritarisme soft.
Il y a quelque chose d’Ulysse chez Neil Beloufa, un Ulysse maître de ce que les grecs appelaient la Mètis, une structure de pensée dans laquelle on ruse avec la règle pour mieux la déjouer. Car ne nous y trompons pas, le désenchantement affiché par l’artiste côtoie un engagement et un attachement sincère dans des modèles alternatifs et une forme de désir dans le collectif comme lieu d’une transformation possible.
Son exposition personnelle au Mrac témoigne de ces multiples enjeux et déroute dès son titre pour le moins ambigu. Développement durable est un terme volontairement sec et peu séduisant, sorti d’on ne sait quel PowerPoint d’une OMG qu’on imagine hébergée à Zurich. Selon Wikipedia, le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre les générations futures. Ce terme est notamment instrumentalisé par des multinationales pétrolières qui vantent leur engagement écologique à coup de spots publicitaires, alors même que leur responsabilité face à un monde surpollué est considérable. Ce double discours – entre une réalité violente d’une part, et d’autre part la création d’un discours soft et consensuel visant à atténuer cette violence, à la rendre acceptable et acceptée par tous – est au cœur de la proposition de l’artiste, qui organise pour cette exposition un jeu autour de ces multiples paradoxes qui peuplent notre réalité.
Dans un espace sans lumière naturelle, à l’allure de hall d’aéroport aseptisé, du mobilier hétéroclite compose un paysage qui joue sur les antagonismes : ici un bar high-tech semblant nous accueillir pour partager un verre se révèle être un bar de douane qui contrôle et exclut le visiteur ; là un ensemble de lits-bancs semblant nous inviter au repos suggère d’étranges lits high-tech pour réfugiés ; enfin au mur des tags politiques provenant d’Iran, où l’artiste a effectué le tournage de son prochain film, deviennent des éléments décoratifs orientalisant vidés de leur message transgressif. Dans le film Monopoly, un groupe d’adolescents joue à ce jeu mondialement connu et se partage l’Ukraine avec beaucoup d’ingéniosité et un pouvoir de négociation, de spéculation indéniable, comme si la société capitaliste, à travers le jeu, orchestrait dès l’enfance un entrainement à ses logiques.
Avec Développement durable, Neil Beloufa compose sans nul doute une exposition à la tonalité sombre dans une époque qui ne l’est pas moins. Son exposition au Mrac joue, avec beaucoup d’acuité, des antagonismes entre singularité et standardisation, entre le corps et ses avatars virtuels via les nouvelles technologies, entre violence et marketing, entre domination et émancipation.
Sandra Patron commissaire de l’exposition
* in Tristan Garcia « Forme et objet – un traité des choses », 2011.
affiche : L’art contemporain peut-il être une fête 35
Vernissage le 23 septembre 2017 à 11h
« Ce sont les élections au Polit’Circus !!! Musique et mesures s’enchaînent et les clowns s’en donnent à cœur joie pour le plus grand bonheur des spectateurs… Mais lequel d’entre eux sera élu ? «

Avec : Bernard Laborde, Mirio Tozzini, Catherine Cool, Gérard Mascot et Mireille Huchon
Cette pièce fut écrite en 2002 peu avant les élections présidentielles pendant lesquelles Jacques Chirac se trouvait face à Jean-Marie Le Pen. Il s’agissait d’une commande de France Culture pour un feuilleton radiophonique conduit tous les matins par Claude Piéplu.
Aujourd’hui, cette pièce mise en scène par Mireille Huchon rappelle que « L’Union en Marche » avait déjà été évoquée par les clowns du Polit’Circus il y a 15 ans. Certains politiques actuels, manquant d’inspiration n’ont, semble-t’il, fait que recopier cette appellation.
Ils voudraient tellement être aimés et applaudis comme ces artistes de cirque ! …
Au THEATRE DE L’ENTRESORT à Narbonne
Les jeudi 28, vendredi 29, samedi 30 septembre, à 21h
Les jeudi 5, vendredi 6 (2 séances 14h et 21h), samedi 7 octobre.
Alors pour découvrir Polit’Circus, pensez à réserver (04 68 75 02 73) et…:
« Entrez,entrez Mesdames
Entrez,entrez Messieurs
Entrez entrez entrez dans la ménagerie !!!
Entrez vous y verrez la bête politique
Le grand bonimenteur des estrades publique !!!! »
Les 6, 7 et 8 octobre à Armissan (Aude), le collectif Mutvitz 11 vous donne rendez-vous à la première édition du Festival des Luttes Populaires.
Aujourd’hui, comment s’inspirer des luttes d’hier pour mieux construire demain ? L’objectif de ces journées est de comprendre, échanger, inventer, autour des luttes d’hier et d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs.
Rencontres, projections, temps festifs et conviviaux sont au programme sur tout le week-end des 6,7 et 8 octobre, avec possibilité de camping sur place.
En particulier, le samedi 7 Octobre, à 15h45, une conférence sera donnée sur le sujet brûlant du projet TDN à l’usine AREVA de MALVESI, pour lequel la décision de la sous-préfecture est imminente.
N’hésitez pas à en parler autour de vous et à faire passer l’info.
Le programme complet est disponible ici.


Spectacles, Marché et Repas Bio, Ateliers de partage des savoirs paysans, Concerts, Musique et Fiesta
du vendredi soir au samedi soir
Pour obtenir le programme complet, cliquer ici
Bonjour à tous cher public .
- les jeudi 28, vendredi 29, samedi 30 septembre, à 21h
- les jeudi 5, vendredi 6 (2 séances 14h et 21h), samedi 7 octobre,
- les vendredi 13, samedi 14 octobre, à 21h
- les vendredi 20 et samedi 21 octobre, à 21h
Deux rencontres «De la typographie aux livres de poésie et d’arts contemporains» – Carte blanche aux éditions Æncrages & Co et à l’écrivain Roland Chopard – Rencontres organisées par l’association Luciole
- Samedi 7 octobre à 17h 30, à la Maison de L’Ormeau (centre culturel, avec Café et bibliothèque) Coustouge, 11220
- Dimanche 8 octobre à 17h30, au Château Saint-Auriol (centre d’accueil et de gîte pour vacanciers et séminaires, sur un domaine viticole) 11220 Lagrasse : même programme, suivi d’une dégustation de vins élevés dans le domaine Saint-Auriol).
Chacune des deux rencontres comprendra deux parties :
- autour des éditions Æncrages : historique, qu’est-ce que l’édition typo ? Présentation technique au moyen d’un cabinet typographique portatif ; présentation éditoriale (les collections, les livres). Vente / dédicace. Expo-vente des livres d’artiste (en édition originale) et d’affiches,
- Rencontre-lecture-débat autour de Roland Chopard, à propos de son livre Sous la cendre et de ses poèmes.
Les éditions Æncrages & Co, basées en Franche-Comté ont été fondées en 1978 et dirigées par l’écrivain Roland Chopard.
Ces éditions perpétuent le patrimoine de la typographie, technique inventée par Gutenberg.
Devenues une référence nationale, les éditions Æncrages & Co publient six collections d’ouvrages typo et des livres d’artistes à tirages limités. Leur catalogue comporte une centaine de titres disponibles, sachant qu’un grave incendie en 2006 a détruit une partie importante des livres. Au catalogue, figurent des écrivains et artistes reconnus parmi lesquels: Rose Ausländer, Pierre Bergounioux, Michel Butor, Régine Detambel, Philippe Claudel, Armand Gatti, Bernard Noël, Robert Wyatt ; Colette Deblé, Alexandre Hollan, Anne Slacik, Gérard Titus-Carmel, …
Pour voir la totalité du programme 2017-2018 de l’association, cliquer sur ce lien
Bonjour à tous cher public .
- les jeudi 28, vendredi 29, samedi 30 septembre, à 21h
- les jeudi 5, vendredi 6 (2 séances 14h et 21h), samedi 7 octobre,
- les vendredi 13, samedi 14 octobre, à 21h
- les vendredi 20 et samedi 21 octobre, à 21h


