Covid-19 : à propos de la protection des masques

Les informations relatives à la Covide-19 qui sont actuellement diffusées, sont souvent confuses, voire contradictoires : le « Clairon » a voulu en savoir plus sur la question de la protection apportée par les masques : voici l’avis et les recommandations de son consultant, le DR Ph. Wirth.

La rédaction du Clairon

Il y a présentement une confusion délétère  dans notre pays au sujet des masques de protection FFP2 vis à vis du virus Sars-Cov2 responsable de la Covid 19.
Considérations peut être  un peu techniques, mais nécessaires à la compréhension de la situation.

Sur le marché, en gros trois catégories  de masques :

(Images Orna Wachsman, M. Christmas et Klaus Hausmann de Pixabay)

 

*Masques FFP2  à la norme européenne  CE : EN 149 :2001+A:2009, seul masque susceptible de bloquer les particules virales Sars Cov2 (et H1N1 responsable de la grippe).
La taille du virus Sars est comprise entre 0,06 et 0,14 micromètres (millionième de mètres).
Pour mémoire,  la taille d’une bactérie  est d’au moins 100 fois supérieure.  Le blocage n’est possible qu’avec l’inclusion dans le FFP2, d’une membrane microfibrée, non tissée, en polypropylène(PPE).  Cette dernière, sous l’effet des forces inter-moléculaires, dites « de Van der Waals », capte et fixe définitivement les particules virales.
A noter, qu’en général, ces masques sont maintenus par deux élastiques prévus  pour passer derrière  la tête, ce qui augmente la qualité  d’étanchéité par rapport  au double flux respiratoire : inspiratoire et expiratoire.
La durée de l’efficacité d’un masque FFP2 est de 4 à 6 heures, selon le niveau de contamination du milieu et de l’humidité du masque, qui varie selon la température extérieure et les efforts du porteur.
Enfin, il faut savoir qu’en éternuant ou en toussant, la projection de microparticules sur micro- gouttelettes peut dépasser les 8 mètres (Etudes : « Sneeze or cough » menées  au MIT-Bourouiba Lab/USA.). (1) Depuis le mois d’avril 2020, des études  américaines portant sur la dispersion virale dans des chambres  et autres lieux d’hôpitaux, ont démontré que le virus Sars CoV2 actif peut être en suspension, à l’état libre. Les virus ne sont donc pas nécessairement portés par une micro-gouttelette dans le nuage des particules diverses propulsé par le tousseur.
On peut alors saisir toute la portée fondamentale de ces données au niveau épidémiologique.

*Masques KN95, norme chinoise  GB2626-2006, de nature plutôt industrielle, portant sur le niveau de filtration des poussières.
En France, beaucoup de revendeurs et même de très célèbres enseignes, vous proposent des masques dits FFP2,  en fait de simples KN95 déguisés sous l’appellation FFP2 KN95 ou KN95 FFP2.
L’indication « no medical use » ou « no medica » ne figurant que sur l’emballage (sachets ou boîtes de conditionnement de plusieurs unités).
Le scandale est que même  certains pharmaciens en vendent (expérience vécue par des proches).

* Masques  chirurgicaux ou en tissus :
Si certains peuvent bloquer les plus grosses bactéries, leur action protectrice directe sur le Sars est nulle. Leur mode d’action est indirect et collectif, mais il n’est pas à négliger : ils ne font que limiter la distance de projection des particules respiratoires : autour de deux mètres (0,5 mètres pour le FFP2).

En résumé : FFP2, seule la norme européenne la plus actuelle KN95 FFP2  CE149-A1 2001 -A1 2009 est conforme. Les masques FFP2  les plus performants (dotés d’élastiques rétro-craniens) sont conseillés dans les risques d’exposition avérés, comme la proximité d’un malade Covid depuis moins de 9 jours, dès lors contaminant par les voies respiratoires.
Notons tout de même que la contagiosité se poursuit alors par les mains, vu que le virus est toujours éliminé dans les selles durant 4 semaines. C’est la transmission manu-portée, qui relève ainsi  d’autres « gestes barrière » comme le lavage soigneux des mains et l’utilisation de gel hydro- alcoolique. 
Enfin, signalons, que l’Allemagne dirigée par Angela Merckel, qui est de formation scientifique, s’apprête  à rendre obligatoire au niveau de l’ensemble du pays, le port du masque FFP2  dans les transports en commun.  Ce qui est déjà le cas dans le Land de Bavière (2). Cette option alternative au confinement, n’est même pas envisagée par nos autorités  sanitaires.
Préservez-vous plus efficacement, tant qu’il est encore temps (rupture de stocks prévisibles (3)), les virus Sars-CoV2 variants,  apparemment  bien plus contagieux et létaux, approchent et on peut craindre une franche aggravation de la pandémie actuelle. En prévision de la pénurie de ce PPE particulier, il serait judicieux d’orienter dès à présent, la production française de masques FFP2 R (« Reusable ») donc lavables, aux dépens de celle des FFP2 NR (« Non-Reusable »).

Dr Philippe WIRTH 

 

Ps : depuis le  11 juin 2020, les masques FFP2  délivrés en officine ne sont plus réservés  aux seuls professionnels de santé  (DGS 2020-REC-38).

Pour réfléchir plus avant : Pr Renaud PIARROUX infectiologue épidémiologiste (Thinkerview : « Covid 19: la faillite occidentale? »).  Lien : https://youtu.be/Gz8QeqOi-sg

 

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Notes:
  1. https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2763852
  2. cf. : Vidéo AFP sur You Tube tournée  à la gare centrale de Munich
  3. cf. : -Les Échos- : « Masques FFP2,  comment remédier à la pénurie de l' »or blanc ». Il s’agit du manque à venir au niveau mondial du polypropylène (PPE), « non-wowen meltbrovn » (non tissé, fondu extrudé), composant essentiel du vrai FFP2, dont le prix depuis le début de la pandémie Covid 19, est passé de 2350 à 26000 € la tonne.
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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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