Slalom

France/Belgique – 1h32 – 2019

Un film de Charlène Favier avec Noée Abita, Jérémie Renier, Catherine Marchal.

 

Lyz, 15ans arrive à Bourg Saint Maurice en section sportive haut niveau ski. Fred, l’entraîneur décèle chez la jeune fille des potentialités certaines. Lyz  veut répondre aux exigences de Fred et lui prouver ses capacités.  Ainsi, elle va tomber dans la spirale infernale des entraînements épuisants et d’une ambiguïté relationnelle qui menace de la détruire.

à se laisse faire, à subir l’inéluctable, enfermée qu’elle est dans son désir de plaire, dans son besoin de reconnaissance et dans sa lutte contre l’isolement.

Ce film aurait du sortir  l’année dernière  après avoir reçu le label Cannes 2020, c’est avec plaisir que nous le découvrons et c’est une réussite. Charlène Favier tisse avec finesse autour du thème du consentement une trame délicate et qui redéfinit avec justesse la relation homme / jeune espoir dans le contexte sportif.

Rien de manichéen, une lente descente vers une soumission discrète,  une succession d’événements qui s’enchaînent logiquement et qui amène une jeune fille à se laisse faire, à subir l’inéluctable, enfermée qu’elle est dans son désir de plaire, dans son besoin de reconnaissance et dans sa lutte contre l’isolement.

Lyz est seule dans son studio, est seule sur les pistes, est seule le soir quand elle rentre épuisée.
Une seule passion : le ski. Peu de contact avec sa mère qui vit à Marseille et qui démarre une nouvelle vie, peu de contact avec ses camarades qui voient en elle une future championne et la jalousent. Une seule amie.
Voilà l’environnement qui resserre les liens avec son entraîneur, lui-même pas très clair sur ce qu’il attend de son élève. Ancien sportif haut niveau qui aurait pu accéder au podium si une blessure ne l’avait relégué au rang de ceux qui vivent par procuration. Il mise tout sur sa protégée faisant souffler le chaud et le froid en fonction des résultats de Lyz qui, vu son jeune âge, ne maîtrise pas les codes de la relation sexuelle. Et l’inévitable se produit.

Tout est travaillé dans ce film, les plans : on découvre une montagne filmée à la lueur des réverbères, glacée, secrète, menaçante, magnifique. Les acteurs : Noée Avita, somptueuse et en même temps fragile, mutique, concentrée sur son objectif, on se noie dans ses grands yeux noirs tellement expressifs et parfois tellement désespérés, Jérémie Renier, loin du prédateur, perturbé, déstabilisé mais en même temps déterminé.

Une autre façon de montrer ce qui était jusque là indicible.

Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 18/06/2021

 

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