Bagnoles : pas question de s’en priver !

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Imaginer ne serait-ce qu’une petite partie du monde où les mobilités douces et les transports collectifs rendraient les véhicules automobiles personnels quasi inexistants relève encore actuellement sinon de l’inimaginable, du moins de l’utopie. Face aux défis majeurs posés par le changement climatique, nos politiques comptent avant tout sur la conversion des véhicules à de nouveaux modes de propulsion, réputés moins prodigues en CO². Les véhicules électriques VE ou hybrides rechargeables VHR ou à hydrogène « vert » remplaceraient, plus ou moins rapidement, ceux à moteur thermique. Mais il n’est pas envisagé de réduire la cadence de production et la progression du secteur automobile. Cela implique qu’il y aura encore de beaux jours pour l’automobile personnelle, pour ses fabricants, ses travailleurs, pour le BTP, le développement du réseau routier, des parkings, de l’artificialisation des sols, etc. Le système économique est préservé, mais est-ce suffisant pour réduire l’impact du changement climatique ?

Mais comment faire autrement alors que l’extension urbaine n’en finit pas ?

Alors qu’à la périphérie des villes fleurissent en continu des lotissements où se ramifient de nouvelles voiries, tandis que les anciennes se bouchent sporadiquement aux moments des migrations plus ou moins pendulaires : maison / travail / école / manger midi / zones commerciales / etc. Comment se passer d’auto perso dans une telle anarchie de déplacements qu’en leur état actuel les transports collectifs ne peuvent que très partiellement satisfaire ?
L’auto perso, donc, à peine tempérée par l’auto-partage, surtout quand il s’agit d’aller au boulot et d’en revenir, reste pour beaucoup sans alternative.

Selon une enquête IPSOS, réalisée en novembre 2021 (1), l’utilisation de l’auto perso serait même en légère augmentation de 2 points, passant de 58 à 60 % entre 2018 et 2021 tandis que 82 % de Français seraient actuellement prêts à se passer d’un véhicule à moteur thermique et à privilégier l’électromobilité. Mais passer de l’intention à l’action nécessite de franchir divers obstacles.

Il y a tout d’abord le coût d’achat des voitures électriques : selon l’enquête IPSOS il arrive en tête (50%) des inconvénients évoqués. Mais certaines projections (2), les achats de véhicules électriques s’accélèrent plus que prévu et qu’avec une baisse moyenne des coûts d’achat de 20%  avant 2030, les achats de VE devraient représenter 50 % du marché dès 2028.
Les gouvernements peuvent accélérer la transition vers les VE en intervenant sur leur prix de vente par des aides de diverses nature, ou en en renchérissant le coût d’acquisition des véhicules thermique, par exemple en relevant les taxes à l’immatriculation des véhicules thermiques. Par ailleurs l’augmentation de la demande permet de produire à moindre coût notamment en mettant sur le marché des petits modèles  (Par ex. : Dacia électrique).

Les autres obstacles qui font hésiter les éventuels acquéreurs, concernent l’autonomie et la recharge des batteries. Les enquêtés de l’IPSOS considèrent qu’une autonomie supérieure à 500 km constitue un seuil déterminant pour passer aux VE, tandis que 49% signalent le manque de stations de recharges publiques et leur caractère pas suffisamment opérationnel.
Il y a actuellement 53.000 points de recharge publics recensés en France, soit une augmentation de 64% par rapport à 2020 selon un recensement d’Avere-France (3). L’objectif du gouvernement de 100.000 bornes de recharge en 2022 n’est donc pas tenu malgré la signature en 2020 d’une charte « Objectif 100 000 bornes » avec les acteurs de la filière automobile, autoroutière, de l’énergie et de la grande distribution, ainsi que des élus locaux. Seul 1/3 des sondés par IPSOS déclare avoir accès à un point de recharge, mais 68% attendent que leur commune ou leur collectivité développe les infrastructures nécessaires.

Malgré ces freins et réticences l’association Avere France constate que la vente des VE et VHR a fait un bon de 64% entre 2020 et 2021. Ce sont 512 000 véhicules 100 % électriques (VE) et 274 000 hybrides rechargeables (VHR) soit un total de 786.000 autos qui circulent actuellement sur le réseau routier français.
Reste la question du bilan carbone de ces véhicules électriques ou hybrides : il est réputé inférieur à celui des véhicules thermiques, mais il est loin d’être nul globalement et de gros progrès sont à faire notamment sur la fabrication des batteries.

La rédaction du Clairon le 19/01/2021

 

 

 

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Notes:
  1. news-38905-PDF1-Presentation-barometre-Ipsos-Avere-France-Mobivia
  2. étude PFE  janvier 2022 dans la revue Element Energy
  3. https://www.avere-france.org/

Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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