De l’origine du Gaspacho

Il fait de plus en plus chaud de plus en plus tôt, le climat change et même les plus sceptiques commencent à l’admettre. Alors le soir, les gosiers de plus en plus secs ne rêvent plus de soupes ou de bouillons, fussent-ils chinois, mais de quelque chose de frais… Pourquoi pas un gaspacho ?
Ne vous y trompez pas chers lecteurs, même si ce nom a une consonance espagnole, cette soupe froide est bel et bien alsacienne et  trouve son origine à Strasbourg, il y a près de 130 ans. A cette époque la compagnie du Gaz de Strasbourg avait enfin desservi tous les immeubles et maisons de la ville, y compris les maisons des maraîchers de la Robertsau qui ravitaillaient toute la ville en légumes divers.
A l’époque, par extension, le mot « gaz » désignait tout autant le fluide que le réchaud qu’il alimentait.  A la saison des tomates, les Strasbourgeois avaient l’habitude de cuire le soir des soupes à la tomate, parfois complétées par d’autres légumes. Mais le réseau de distribution du gaz de Strasbourg s’était si rapidement étendu que l’arrivée de ce fluide était parfois irrégulière et l’on entendait alors dans de nombreux foyers les cris de dépit des ménagères : « le gaz est pas chaud ! », paroles que le mari assis dans son fauteuil répétait d’un ton interrogatif et légèrement distrait, car absorbé par la lecture des Dernières Nouvelles d’Alsace : « le gaz est pas chaud ? ». Mais la faim aidant et l’appétit aiguisé par une journée de labeur, les maris se mirent à gouter, cuiller après cuiller, cette soupe restée froide, jusqu’à la trouver plus désaltérante et roborative que la soupe de tomates chaude.  Cette pratique se répandant dans toute la ville, il fallut bientôt en nommer l’objet et c’est ainsi qu’avec leur génie linguistique si particulier, les strasbourgeois inventèrent le raccourci « gazpaschaud ».

C’est lors d’un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle en 1907 que l’abbé Paul Marie Miesele divulgua la recette du « gazpaschaud » lors de ses étapes pieuses en Corogne et Cantabrie. Recette que les indigènes s’empressèrent d’adopter tout en simplifiant le nom dans un registre plus adapté à leurs pratiques phonatoires : « gaspacho »

Merci au grand historien Jehan Corderon de nous avoir narré cette invraisemblable histoire.

La rédaction

Voici une recette toute simple de Gaspacho / Gazpaschaud

Photo HR

Ingrédients pour 2 personnes

1 concombre
2 belles tomates bien mures
2 poivrons verts
1 oignon de taille moyenne
2 gousses d’ail coupées en 2
1 petit pain ou morceau de pain
1 cuiller à café de sel
1 cuiller à soupe de vinaigre de vin xérès ou vin rouge
2 cuillers à soupe d’huile d’olive
4 à 6 croutons frottés à l’ail
1 brin de coriandre ou de basilic

Préparation :

  • Couper tous les légumes en petit carrés grossiers de 2 cm maximum.
  • Placer d’abord les morceaux de tomates bien mures et de concombre dans un mixer. Les mixer à vitesse moyenne pour obtenir une sorte de jus
  • Ajouter les autres ingrédients puis mixer les (toujours à vitesse moyenne) jusqu’à ce que le mélange devienne homogène avec une consistance de soupe
  • Réserver au réfrigérateur au moins 2 heures
  • Servir dans des bols ou assiettes en garnissant les soupes avec les croutons et les herbes aromatiques

 

Bon appétit !

 

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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