Italie/France – 2h06 – 2022 – adaptation du roman éponyme de Sandro Veronesi.
Un film de Francesca Archibugi avec Pier Francesco Favino, Kasia Smutniak, Bérénice Bejo.
« Des morceaux de vie »

Colibri (Image par Veronika Andrews de Pixabay)
Marco Carrera, fils dans une fratrie de 3 enfants, passe ses vacances au bord de la mer où il rencontre Luisa Lattes avec qui il noue une relation amoureuse platonique. Elle le restera toute sa vie qu’il va construire avec Marina, hôtesse de l’air, un peu déjantée avec qui il aura une petite fille, Adèle. Sa vie va être traversée de moments très douloureux qu’il partagera avec Daniel Carradori, le psychanalyste de Marina. Il est semblable au colibri qui déploie une énergie phénoménale à rester sur place ou bien à faire marche arrière. Comme celui-ci, appelé oiseau-mouche, il est très petit étant enfant et ne grandira de 16cm en 8 mois que grâce ou à cause de l’intervention de son père.
Si vous aimez les puzzles, vous allez être servi(e)s. Ce film est construit comme une psychanalyse, on découvre des morceaux de vie petit à petit qui ne prendront sens qu’à la fin du film. On y trouve tout ce qu’on aborde en psychanalyse, l’amour sous toutes ses formes, platonique, sexuel, sensuel, amical, l’amitié, la fraternité et la mort.
Toute l’intrigue est centrée autour du personnage principal, Marco et autour de deux lieux, les demeures des Carrera et Lattes au bord de la mer et l’appartement des Carrera à Rome. Marco traverse la vie sans bouleversement particulier, les événements dramatiques le touchent mais il se redresse fidèle à lui-même. Il subit les crises hystériques de sa femme comme il a subi celles de sa mère, il subit les remarques décalées d’une psychologue au sujet de sa fille reliée à la terre par un fil imaginaire et symbolique. Bref, il subit sans se plaindre et n’arrive pas à jouir de la vie avec Luisa.
Francesca Archibugi a mis pêle-mêle et en désordre des histoires de vie de familles banales, ce film pourrait être illisible, mais en acceptant de se laisser porter par les événements, on découvre l’histoire de Marco, triste mais ordinaire.
Rien que de très normal dans une vie où parfois l’on passe à côté du bonheur sans le saisir, si tant est que ce qu’on imagine pourrait être du bonheur.
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 28/08/2023

