France, Luxembourg, Iran – 1h42 – Palme d’Or Cannes 2025
Un film de Jafar Panahi avec Vahid Mobasseri, Maryam Afshari, Ebrahim Azizi.
Règlement de comptes ?

Iran trafic auto (Image par Nanira de Pixabay)
En Iran, par hasard, suite à un accident de voiture, un homme, Vahid est persuadé d’avoir croisé son tortionnaire quand il a été arrêté. Il va contacter d’autres victimes de cet homme que l’on appelait La Guibole afin de lever le doute. Et c’est un groupe un peu hétéroclite qui va se retrouver dans le van de Vahid pour se poser une question philosophique : » Si tu te retrouves face à ton bourreau dans la vie quotidienne, que fais-tu ? te venges-tu ? » et c’est un débat philosophique qui s’instaure entre les personnages avec force discussions, colère ou désarroi.
Je me demande si Jafar Panahi règle ses comptes avec le gouvernement iranien, lui qui a été arrêté à plusieurs reprises, enfermé dans le prison de Evin et qui a fait une grève de la faim et de la soif pour dénoncer les mauvais traitements que subissaient les prisonniers.
Il y a des clins d’œil malgré la situation dramatique, le van bien sûr, puisque Panahi a beaucoup tourné dans des voitures pour tromper l’interdiction du tribunal, ensuite les personnages assez décalés par rapport à la situation, un jeune couple en tenue de cérémonie puisqu’ils font des photos de mariage, la photographe , un homme colérique qui est encore sous le coup du traumatisme des violences qu’il a subies et qui peut s’assimiler à l’homme de la rue.
Oui, que peut-on réellement faire si, un jour, « par chance », notre tortionnaire se retrouve pieds et poings liés dans le coffre d’un van, dans une situation où la force a changé de camp, où la victime peut devenir bourreau.
Mais peut-on devenir bourreau ou tortionnaire à la demande ?
Patricia Renaud pour le Clairon de l’Atax le 20/10/2025
Jafar Panahi reçoit le titre de docteur honoris causa de l’université de Strasbourg en 2013. Toujours retenu en Iran, il est représenté par sa fille Solmaz. Dans son discours, lu par sa fille, il confie, avant de dédier son titre « à tous les professeurs expulsés des universités iraniennes » :
« L’imagination est la plus grande fortune qu’un artiste puisse posséder. On peut empêcher la création et la diffusion d’une œuvre, mais nul ne peut jamais enchaîner l’imagination d’un artiste. »

