Sur la réforme des retraites « Macron-Delevoye »

« La tâche morale la plus importante aujourd’hui consiste à faire comprendre aux hommes qu’ils doivent s’inquiéter et qu’ils doivent ouvertement proclamer leur peur légitime ».
Günther Anders 2007.

L’avis des hommes politiques est connu, celui des syndicats (CGT, FO, SUD, …) aussi, mais celui des citoyens l’est moins : ici c’est le chercheur qui endosse la pelisse du « semeur de panique » de G. Anders.

La caractéristique première de la science est de produire des travaux et résultats reproductibles.
Or devant cette réforme des retraites, nous sommes perplexes ; nous ne n’avons pas l’origine de cette réforme.
Oui, les grands initiateurs sont connus, ce sont les banquiers internationaux et financiers (Banque mondiale, FMI, OCDE, Union Européenne, …) et le détail est issu des groupes financiers nationaux et internationaux. Mais il ne s’agit pas de cela.

À l’origine de tout acte de recherche, il y a une idée, il y a une hypothèse. Où est cette hypothèse ? A-t-elle été formulée ? Qui a relu et validé cette hypothèse ? Nul ne le sait. Nous, le peuple, nous ne le savons pas. Sur les centaines d’heures de télévision, personne n’en n’a parlé. Donc sans faire d’erreur nous pouvons dire que personne n’a validé l’hypothèse initiale.
Ensuite des travaux (calculs) ont été réalisés. Qui a fourni les données numériques ? Nul ne le sait ? Y a-t-il eu des données numériques ? On ne peut imaginer que tout le travail soit purement idéologique et bidon ! Il y aurait des données, mais d’où sortent-elles ? Nul ne le sait, nul ne l’a dit.

À l’honneur du gouvernement on peut penser que quelqu’un a fait des calculs. Mais qui a fait et refait les calculs ? Qui les a lus et relus ? Qui les a critiqués ?

Lorsqu’un scientifique publie un travail de recherche, des lecteurs (éditeurs-reviewers) relisent et corrigent le texte et les données et renvoient à l’auteur une liste de questions de demandent de précisions… tout cela avant de valider le travail.

Cette réforme n’ayant fait l’objet d’aucune publication scientifique reconnue, on est en droit de penser qu’aucune validation n’a été faite par des personnes compétentes.
Cette réforme est un travail obscur, reposant sur des données non fournies, non validées, non analysées, non critiquées. Les hypothèses de départ n’étant pas formulées, on ne peut que penser qu’il s’agit d’idéologie pure et simple.

Nous –citoyens- ne pouvons accepter une réforme -non validée, non vérifiée, non vérifiable- qui va percuter les vies de millions de français durant des décennies.

La question finale : Comment les initiateurs de cette réforme peuvent-ils avoir l’audace de présenter devant la communauté nationale et internationale, un projet aussi flou, aussi vaseux, aussi insignifiant ?

Donc ami lecteur, ne perds pas ton temps précieux, ne lis pas cette réforme inutile, prépare la grève et la manifestation du 5 décembre.

Jean Kremer 

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Publié par La Rédaction du Clairon de l'Atax

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